| Samedi 19 Mai 2012 - 20:52 | Saint Celestin | Teleperformance France - Force Ouvrière - L'action syndicale |
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Discours de Jean Claude Mailly lors de la manifestation du 15 Juin |
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| Publié le Mercredi 16 Juin 2010 à 23:37:55 par fo-teleperformance Article vu 2275 fois Rubrique : Grèves |
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Nous sommes aujourd’hui plus de 70.000 à manifester à Paris et à avoir répondu à l’appel lancé par Force Ouvrière à cette manifestation et à 24 heures de grève interprofessionnelle. Nous avons même mobilisé au-delà de nos rangs, ce qui montre que sur des bases claires, une unité d’action est possible. Je salue ici tous les militants Force Ouvrière, je salue aussi la présence de militants d’autres organisations et la solidarité de nos camarades belges. Demain, le gouvernement va sortir son projet de loi sur les retraites. Mais cela fait quelques semaines qu’il multiplie les annonces. Le gouvernement fonctionne comme une distillerie: il fait s’écouler les annonces au fil des jours, mais on verra qui, à terme, se réveillera avec la gueule de bois. Nous savons d’ores et déjà que ce projet sera injuste et inacceptable socialement, dangereux et inefficace économiquement. Il se situe dans la droite ligne des plans de rigueur ou d’austérité mis en place un peu partout en Europe. Il s’agit de faire payer aux travailleurs, du public et du privé, la réduction des dettes publiques et sociales qui ont explosé pour venir en aide aux banques, aux institutions financières et faire des plans de soutien. Pour les populations, c’est la triple peine. Les travailleurs sont déjà victimes d’un système capitaliste qui a fait exploser les inégalités. Ils payent ensuite lourdement l’arrivée de la crise dans leurs emplois et leurs salaires. Ils risquent enfin de payer, à travers la remise en cause de leurs droits sociaux et des services publics, la soi-disant sortie de crise. Cela fait plusieurs semaines que nous expliquons que les retraites, c’est la mère des revendications. Tout simplement parce que le gouvernement en a fait la mère des contre-réformes. Prévu initialement en 2012, le dossier est mis sur la table dès 2010 pour donner des gages et satisfactions aux intervenants financiers et à leurs satellites, les agences de notation. Mes chers camarades, Alors que l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes, Alors que nombre de seniors sont au chômage ou en inaptitude, Alors que les jeunes sont au chômage ou en situation de précarité croissante, Alors que le recul de l’âge de la retraite réduit l’espérance de vie. Alors qu’aujourd’hui 65% des salariés peuvent partir à 60 ans, Alors que de nombreuses femmes, pour ne pas avoir de décote, sont déjà obligées d’attendre 65 ans, Reculer les âges de 60 ans et de 65 ans, comme le veut le gouvernement et le MEDEF, et/ou allonger la durée de cotisation, relève de la provocation sociale. Par exemple, reculer à partir de 2011 d’un trimestre par an au-delà de 60 ans, c’est obliger quelqu’un qui a aujourd’hui 56 ans à travailler 1 an de plus, quelqu’un qui a 52 ans à travailler 2 ans de plus. On a fait des primes à la casse pour mettre plus rapidement hors d’usage des véhicules. On veut, aujourd’hui, user plus longtemps les salariés pour ne pas avoir à payer leurs retraites. On veut obliger les plus anciens à rester au travail dans le même temps où l’on veut aussi diminuer les crèches et les maternelles. En quelque sorte, ce sont les bébés à la consigne et les anciens à l’usine! On refuse d’augmenter les salaires mais on veut augmenter les cotisations sociales, ce qui réduit le pouvoir d’achat, l’activité économique et l’emploi. On est à des années lumières du travailler plus pour gagner plus. On rentre dans le travailler plus pour gagner moins et pour vivre moins longtemps. Exiger, par ailleurs, pour la pénibilité, une individualisation des dossiers, c’est dégager la responsabilité de l’employeur |
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